Alice Saey : « Le cinéma expérimental offre la possibilité de voir le film comme un spectacle »

Dans son audacieux court métrage Flatastic, présenté ce mois-ci au Champs Élysées Film Festival, elle met en scène la revanche d’un banc de raies manta sur les humains. Un récit sur mesure pour une réalisatrice qui aime mêler avec les différents supports artistiques.

Portrait de Alice Saey (c) Liza Wolters

Quand Alice Saey découvre l’animation expérimentale lors d’un échange universitaire en Hollande, c’est une évidence : ce qu’elle veut faire, c’est ça. Étudiante aux Arts Déco de Strasbourg, cette parisienne de naissance alors engagée dans un cursus en graphisme, réoriente son master et privilégie l’illustration.

Cette cinéaste de 34 ans est l’héritière d’un solide bagage artistique. Élevée par un père français peintre et une mère écossaise pianiste, elle grandit dans un univers bi-culturel et cultive très vite un intérêt pour la musique et la peinture, deux disciplines qu’elle peut associer grâce à l’animation. « J’aimais le cinéma et le format du film mais j’ai toujours été dans une démarche plus picturale que narrative » explique-t-elle d’un ton posé. « Le cinéma expérimental offre la possibilité de voir le film comme un spectacle. Qu’il y ait quelque chose de l’ordre de la performance et de la chorégraphie. Même si je me suis vite rendue compte que la narration est toujours là ».

Flatastic d’Alice Saey (c) DR

Raie-volution

En 2017, elle s’associe à son amie d’enfance Léa Perret pour développer un court métrage d’animation dément : Flatastic. Dans ce film sélectionné au Champs Élysées Film Festival, des raies manta prennent le contrôle de la terre. Un récit engagé grâce auquel les deux autrices questionnent les rapports de domination entre les espèces, le tout avec une touche d’humour bienvenue.

Passionnée d’estampes japonaises, de peintures modernes et citant Henri Matisse parmi ses peintres préférés – une inspiration qui pourrait bien avoir influencé les formes rondes et fluides de son court métrage -, Alice Saey compte bien continuer de tisser sa toile dans le milieu de l’animation. Prochaine étape : la co-création avec deux réalisatrices de Tinsel, son studio d’animation à Rotterdam. Car en plus d’aimer les univers travaillés, colorés et innovants, un autre mot d’ordre guide le travail de cette artiste : le collectif.

Flatastic d’Alice Saey (17 min) / À découvrir au Champs Élysées Film Festival le jeudi 20 juin à 20h30 et dimanche 23 juin 17h45.

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