À mon seul désir de Lucie Borleteau, entre conte de fée moderne et récit initiatique

Pour son troisième film, la réalisatrice se lance le pari délicat de plonger dans l’univers du strip-tease. Mais malgré des prestations enjouées et un début courageux, le film finit par perdre de son éclat. 

Zita Hanrot (Mia) dans À mon seul désir de Lucie Borleteau / Crédit : Pyramide Distribution

Vous avez toujours rêvé d’entrer dans un strip-club mais n’avez jamais osé ? À mon seul désir de Lucie Borleteau vous propose d’y remédier et de vous faire découvrir les dessous mystérieux d’un club de strip-tease. Après une scène d’ouverture qui brise le quatrième mur d’une manière à la fois malicieuse et maladroite, mais dans tous les cas originale, nous faisons la connaissance de Manon (qui deviendra ensuite Aurore) alors qu’elle monte sur scène pour la première fois. 

Toutes en scènes

À mon seul désir propose véritablement une invitation au spectacle. À nous de prendre place aux côtés des fidèles à l’œil lubrique, qui observent les performances théâtrales des danseuses (et comédiennes) sous une lumière néon un peu poisseuse et définitivement peu flatteuse. Pourtant les actrices s’en sortent bien, s’amusant de la situation et multipliant les saynètes burlesques, Zita Hanrot (Plan Cœur, Annie Colère…) en tête.

Mais après une première demi-heure qui installe le décor et effleure du doigt quelques problématiques propres à cette profession (notamment le non-respect des limites imposées par le club aux clients), le film semble perdre de vue son sujet principal

Pourtant les actrices s’en sortent bien, s’amusant de la situation et multipliant les saynètes burlesques / Crédit : Pyramide Distribution

Conte de fée moderne

Récit initiatique, présentation méticuleuse du métier de strip-teaseuse ou conte de fée moderne ? Probablement un peu de tout mais difficile de définir où le film veut véritablement en venir. S’il commence comme une plongée dans un milieu méconnu avec l’histoire de Manon (Louise Chevillotte), on bascule ensuite dans une comédie romantique au dénouement un peu attendu avec l’histoire de Mia (Zita Hanrot). Danseuse depuis plusieurs années mais aussi comédienne en devenir, ses rêves deviendront réalité grâce à sa marraine la bonne fée et un vaillant chevalier (Melvil Poupaud). Si À mon seul désir réussit parfaitement son travail de divertissement, La Maison d’Anissa Bonnefont, sur un thème similaire, était quand même plus convaincant. 

À mon seul désir réussit parfaitement son travail de divertissement / Crédit : Pyramide Distribution

Qui est Lucie Borleteau ? 

Actrice, scénariste et réalisatrice française, Lucie Borleteau obtient son diplôme de cinéma en 2004. La même année, elle réalise son premier court métrage documentaire, Nievaliachka – la poupée qui ne tombe pas. Elle débute dans l’industrie en tant que co-scénariste et assistante réalisatrice, et travaille notamment avec Claire Denis et Arnaud Desplechin. Elle passe à la fiction avec son deuxième court métrage Les Vœux en 2008, suivi d’un troisième, La Guerre des ventres en 2012. Deux ans plus tard, elle sort son premier long métrage de fiction Fidelio, l’odyssée d’Alice, dans lequel elle raconte l’histoire d’une femme marin. Son deuxième long métrage Chanson Douce, adapté du roman de  Leïla Slimani, sort en 2019. À mon seul désir est son troisième long métrage. 

À MON SEUL DÉSIR, un film réalisé par Lucie Borleteau avec Zita Hanrot et Louise Chevillotte. Au cinéma depuis le 5 avril.

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