Juliette Marrécau : « J’ai eu besoin de faire quelque chose qui puisse parler à des publics différents »

Dans Mes Racines d’amour, son court métrage présenté ce mois-ci au Champs Élysées Film Festival, elle raconte l’histoire d’une petite fille, son frère et leur mère, en mêlant film et photographies. Un récit touchant et sincère qui révèle une future grande cinéaste de l’intime. 

Portrait de Juliette Marrécau (c) DR

« Le cinéma est un art très politique parce qu’il est vu par un public varié ». Du haut de ses 29 ans, cette cinéaste à l’énergie communicative a décidé de s’orienter vers une carrière de réalisatrice, galvanisée par la grande capacité du 7ème art à diffuser des messages puissants : « J’ai eu besoin de faire quelque chose qui puisse parler à des publics différents » précise-t-elle, souriante.

Née en région lyonnaise dans une famille nombreuse et initiée au cinéma populaire et américain par ses parents lors de soirée film quotidienne (« À l’époque, cette règle d’un film par soir ne me plaisait pas » confie-t-elle amusée), Juliette Marrécau se découvre finalement une passion pour le cinéma d’auteur européen, plus intime. Pour cette grande sensible qui ressent les choses très fort, créer devient un exutoire. Enfant, elle immortalise ses souvenirs de vacances grâce à un appareil photo (« Peut-être ce qui m’a permis de développer une certaine notion du cadre ? ») avant de tourner ses premiers films avec ses sœurs et son téléphone. 

En famille

En 2022, son court métrage De la folie des hamsters fait sensation au Festival de Brive, avant d’être pré-sélectionné aux Césars 2024. En suivant le parcours d’Inès, jeune femme qui quitte son cocon familiale et sa ville natale pour la capitale, la cinéaste dévoile son talent pour mettre en scène des récits délicats et intimes. D’intime, c’est aussi ce dont il est question dans Mes Racines d’Amour, son dernier court métrage en compétition cette année au Champs Elysées Film Festival.

Mes racines d’amour de Juliette Marrécau (c) DR

En filmant trois personnages (une petite fille, son frère en situation de handicap et leur mère) qui se débattent avec leur réalité, la réalisatrice signe un récit très personnel, nuancé et touchant. Partir de son intimité pour livrer des récits sensibles semble être la grande force du travail de Juliette Marrécau. Un sillon qu’elle continuera de creuser avec son prochain projet : un premier long métrage de fiction qu’elle présente comme « une histoire de famille abordant les thèmes de la religion, la transidentité, naviguant entre les genres, de la comédie à l’horreur ». 

Mes racines d’amour de Juliette Marrécau (24 min) / À découvrir au Champs Élysées Film Festival le mercredi 19 juin 21h15 et le samedi 22 juin 18h

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